Le pénitent rentra.
Luisa avait déposé ses habits sur un escabeau. Elle était vêtue de sa chemise, ou plutôt de sa robe; elle avait les pieds nus.
L'extrémité de l'un d'eux sortait du bas de la toile: l'oeil du pénitent se porta sur la pointe de ce pied si délicat avec lequel elle devait, sur le pavé de Naples, marcher jusqu'à l'échafaud.
--Dieu ne veut pas, dit-il, qu'il manque quelque chose à votre passion... Courage, martyre! vous êtes sur le chemin du ciel.
Et, lui présentant son épaule, sur laquelle la prisonnière s'appuya, il monta avec elle les marches du petit escalier; et, poussant la porte de la chapelle:
--Nous voilà, dit-il.
--Vous y avez mis le temps! dit le beccaïo. Il est vrai que, quand la condamnée est belle...
--Silence, misérable! dit le pénitent: tu as le droit de mort, pas celui d'insulte.
On descendit l'escalier, on passa à travers les trois grilles, on arriva dans la cour.
Douze prêtres attendaient avec les enfants de choeur portant les bannières et les croix.