--C'est de prouver que, quoique né à Molise, je suis au service de la France. Rien de plus facile, tu comprends: tous mes papiers sont au palais d'Angri.
--Mais tu me quittes?
--Pour quelques heures seulement.
--Quelques heures? Tu avais dit un instant.
--Un instant, quelques heures. Diable! comme il faut être positif avec toi.
Luisa lui jeta les bras autour du cou et l'embrassa tendrement.
--Tu es homme, tu es fort, tu es un chêne, dit-elle; moi, je suis un roseau. Si tu t'éloignes de moi, je plie à tout vent. Que veux-tu! ton amour est le dévouement, le mien n'est que l'égoïsme.
Salvato la serra contre son coeur, et, malgré lui, ses nerfs de fer tressaillirent si violemment, que Luisa le regarda étonnée.
En ce moment, la porte s'ouvrit: on apportait l'habit de vivandière promis à Luisa.
Salvato profita de cet incident pour changer le cours des pensées de Luisa. Il lui montra en riant les diverses pièces du costume qu'elle devait revêtir, et la toilette commença.