--Où?
--Chez moi.
--Ce sera un grand honneur, Excellence; mais n'importe!
--N'importe quoi?
--Je suis un homme ruiné, voilà tout.
Et, en poussant des soupirs à émouvoir tout autre qu'un procureur fiscal, maître Donato sortit de la Vicaria et regagna sa maison, où l'attendaient Basso Tomeo et Marina, le premier dans l'impatience, la seconde dans l'inquiétude.
La nouvelle, mauvaise pour maître Donato, était bonne pour Marina et pour Basso Tomeo, de sorte que, comme la plupart des nouvelles de ce monde, en vertu de la loi philosophique de compensation, elle apporta la douleur aux uns et la joie aux autres.
Seulement, pour ménager la susceptibilité conjugale de Giovanni, on lui laissa ignorer l'article du traité passé entre son père et le procureur fiscal, article par lequel Marina était obligée d'aller elle-même toucher la prime [1].
Note 1:[ (retour) ]
Comme on pourrait, à propos de cette diminution dans les honoraires du bourreau, nous accuser de faire de la fantaisie, nous citerons le texte même de l'historien Cuoco:
«La prima operazione di Guidobaldi fù quella di transigere col carnefice. Al numero immenso di coloro ch'egli voleva impiccati, gli parve che fosse esorbitante la mercede di dieci ducati perciascuna operazione, che per antico stabilimento il carnefice esigeva del fisco. Credette poter procurare un gran risparmio sostituendo a quella mercede una pensione mensuale. Egli credeva che almeno per dieci mesi dovesie il carnefice essere ogni giorno occupato.»