—Est-ce qu'elle vous aime toujours?
—Je ne sais; mais j'ai eu tort de la suivre. Oû est ma femme?
—Ne la voyez-vous pas? elle danse la Tarentelle avec Nunzio.
—Ah! oui, c'est vrai. Crois-tu que ce qu'on raconte d'elle soit vrai?
—De votre femme?
—Non, de Giulia. Crois-tu quelle soit sorcière?
—Dam! on dit qu'à Palma elles sont toutes des strigges. Le capitaine se passa la main sur le front, il suait à grosses gouttes. Dans ce moment la tarentelle finissait. Sa femme vint reprendre son bras. Antonio lui proposa de revenir à sa maison. Elle ne demandait pas mieux: une nouvelle mariée, vous comprenez, ça ne hait pas le tête-à-tête. Le capitaine me fit un signe qui signifiait: Pas un mot! Je répondis par un autre signe qui voulait dire: Ça suffit. Et nous nous tournâmes le dos comme si nous ne nous étions jamais vus.
—Mais qu'est-ce que c'était que Giulia? interrompis-je.
—Ah! voilà. Vous saurez qu'il y avait un an à la fête de Palma, où le capitaine Aréna Antonio, toujours l'oncle du nôtre…
—Je comprends bien.