—Ah! ah!
—Mais voyez-vous, méchanceté pure: un autre en aurait guéri, mais lui c'était une vieille haine avec ce pauvre Guiga; et il s'est laissé mourir pour lui faire pièce.
—Ainsi, ce brave homme s'appelle Guiga? demandai-je.
—C'est-à-dire, c'est un surnom qu'on lui a donné; mais son vrai nom est Santo-Coraffe.
—Et la police l'a tourmenté pour cette bagatelle?
—Comment, tourmenté! c'est-à-dire qu'on l'a mis en prison comme un voleur. Heureusement qu'il avait du bien, car, tel que vous le voyez, il a plus de 300 onces de revenu, le gaillard.
—Eh bien! qu'est-ce que ces 300 onces ont pu faire là-dedans? il était coupable ou il ne l'était pas.
—Il ne l'était pas! il ne l'était pas! s'écria Pietro, il a été provoqué, c'est la douceur même, lui, pauvre Guiga! Eh bien alors, quand ils ont vu qu'il avait du bien, ils ont traité avec lui. On a fait une côte mal taillée; il paie une petite rente, et on le laisse tranquille.
—Mais à qui paie-t-il une rente? à la famille de ceux qu'il a tués?
—Non, non, non; ah bien! pour quoi faire? non, non, à la police.