—Volontiers, dit le vieillard en serrant à son tour si fortement le tailleur dans ses bras, que celui-ci faillit tomber à la renverse étouffé, et fut un instant à se remettre.
—Eh bien, qu'as-tu donc? demanda le vieillard.
—Que votre excellence m'excuse, dit le tailleur qui n'osait se plaindre, mais je crois que c'est la joie. J'ai failli me trouver mal.
—Un petit verre de cette liqueur, cela te remettra, dit le vieillard en tirant de sa poche une bouteille et deux verres.
—Qu'est-ce que c'est que cela? demanda Térence la bouche ouverte et les yeux étincelants de joie.
—Goûtez toujours, dit le vieillard.
—C'est de confiance, reprit Térence; et il porta le verre à sa bouche, avala la liqueur d'un trait et fit claquer sa langue en amateur satisfait.
—Diable! dit-il.
Soit satisfaction de voir sa liqueur appréciée, soit que l'exclamation par laquelle le tailleur lui avait rendu justice plût au petit vieillard, ses yeux brillèrent de nouveau, sa bouche se fendit derechef, et l'on entendit, comme la première fois, ce petit frôlement qui était évidemment chez lui une marque de satisfaction. Quant à maître Térence, il semblait qu'il venait de boire un verre de l'élixir de longue vie, tant il se sentait gai, alerte, dispos et valeureux.
—Ainsi vous êtes venu pour cela, ô digne gentilhomme que vous êtes, et vous vous contenterez d'une paire de culottes! c'est pour rien; et aussitôt qu'elles seront faites vous emmènerez ma femme, vraiment?