—Vraiment?
—Oh! mon Dieu, oui, il vit encore. Si vous passez à
Catanzaro, vous pourrez le voir.
—Qui? le diable?
—Non, ce gueux de Térence. C'est arrivé il n'y a pas plus de dix ans, au su et au vu de tout le monde. D'ailleurs c'est bien connu, ce sont tous des sorciers et des sorcières en Calabre.
—Oh! capitaine, vous me raconterez l'histoire, n'est-ce pas?
—Oh! moi, je ne la sais pas bien, dit le capitaine; et puis d'ailleurs je n'aime pas beaucoup à parler de toutes ces histoires-là où le diable joue un rôle, attendu que, comme vous le savez, il y a déjà eu dans ma famille une histoire de sorcière. Mais vous allez traverser la Calabre, Dieu veuille qu'il ne vous y arrive aucun accident, et vous pourrez demander au premier venu l'histoire de maître Térence: Dieu merci! elle est connue, et on vous la racontera.
—Vous croyez?
—Oh! j'en suis sûr.
Je pris mon album, et j'écrivis dessus en grosses lettres:
«Ne pas oublier de me faire raconter l'histoire de maître Térence de Catanzaro, qui a fait gratis une paire de culottes au diable, à la condition que le diable emporterait sa femme.»