—Yes, yes, milord, répondit madame Beauvais.

—Eh bien, monsieur, continua-t-il, vous avez là un petit animal qui fera d'excellente soupe; je n'ai qu'un regret, c'est qu'il soit le seul de son espèce que possède en ce moment madame la marchande.

—Nous have la espoir d'en recevoir d'autres demain matin, répondit madame Beauvais.

—Demain, il sera trop tard, répondit froidement l'Anglais; j'ai arrangé toutes mes affaires pour me brûler la cervelle cette nuit, et je désirais, auparavant, manger une soupe à la tortue.

En disant ces mots, il me salua et sortit.

—Pardieu! me dis-je après un moment de réflexion, c'est bien le moins qu'un aussi galant homme se passe un dernier caprice.

Et je m'élançai hors du magasin en criant, comme madame Beauvais:

—Milord! milord!

Mais je ne savais pas où milord était passé; il me fut impossible de mettre la main dessus.

Je revins chez moi tout pensif: mon humanité envers une bête était devenue une inhumanité envers un homme. La singulière machine que ce monde, où l'on ne peut faire le bien de l'un sans le mal de l'autre! Je gagnai la rue de l'Université, je montai mes trois étages, et je déposai mon acquisition sur le tapis.