—Il me l'a promis. Dites cela à vos amis, afin qu'on ne lui fasse pas de mauvaises farces.

—Soyez tranquille.

Fau traversa le cercle, et l'arlequin, enchanté, alla de masque en masque annoncer la nouvelle et répéter les recommandations: alors chacun s'éloigna discrètement. En ce moment, le signal du galop se fit entendre, et le foyer tout entier se précipita dans la salle; mais, avant de suivre ses compagnons, le facétieux arlequin s'avança vers Tom, sur la pointe du pied, et, se penchant à son oreille:

—Je te connais, beau masque, lui dit-il.

—Grooonnn! fit Tom.

—Oh! tu as beau faire gron gron, tu danseras le menuet: n'est-ce pas que tu danseras le menuet, Marécot de mon cœur?

Tom fit aller sa tête de haut en bas et de bas en haut, selon son habitude lorsqu'on l'interrogeait, et l'arlequin, satisfait de cette réponse affirmative, se mit en quête d'une Colombine pour danser lui-même le galop.

Pendant ce temps, Tom était resté en tête-à-tête avec la limonadière, immobile à son poste, mais les yeux invariablement fixés sur le comptoir, où s'élevaient en pyramides des piles de gâteaux. La limonadière remarqua cette attention continue, et, voyant un moyen de placer sa marchandise, elle prit une assiette et avança la main: Tom étendit la patte, prit délicatement un gâteau, puis un second, puis un troisième; la limonadière ne se lassait pas d'offrir, Tom ne se lassait pas d'accepter, et il résulta de cet échange de procédés qu'il entamait sa seconde douzaine lorsque le galop finit et que les danseurs rentrèrent dans le foyer. Arlequin avait recruté une bergère et une pierrette, et il amenait ces dames pour danser le menuet.

Alors, en sa qualité de vieille connaissance, il s'approcha de Tom, lui dit quelques mots à l'oreille; Tom, que les gâteaux avaient mis d'une humeur charmante, répondit par un de ses plus aimables grognements. L'arlequin se tourna vers la galerie et annonça que le seigneur Marécot se rendait avec le plus grand plaisir à la demande de la société. À ces mots, les applaudissements éclatèrent, les cris «Dans la salle! dans la salle!» se firent entendre; la pierrette et la bergère prirent Tom chacune par une patte; Tom, de son côté, en cavalier galant, se laissa conduire, regardant tour à tour et d'un air étonné ses deux danseuses, avec lesquelles il se trouva bientôt au milieu du parterre. Chacun prit place, les uns dans les loges, les autres aux galeries; la plus grande partie faisait cercle; l'orchestre commença.

Le menuet était le triomphe de Tom, et le chef-d'œuvre chorégraphique de Fau. Aussi le succès se déclara-t-il dès les premières passes et alla-t-il croissant; aux dernières figures, c'était du délire. Tom fut emporté en triomphe dans une avant-scène; puis la bergère détacha sa couronne de roses et la lui posa sur la tête; toute la salle battit des mains et une voix alla jusqu'à crier dans son enthousiasme: