—Ainsi, c'est chose dite?

—Oui capitaine.

—Et tu m'apporteras deux fois par jour du bordeaux et de la morue?

—Oui, capitaine.

—Eh donc, bonsoir.

—Bonsoir, capitaine! bonne nuit, capitaine! dormez bien, capitaine!

Ces trois souhaits étaient à peu près inutiles; notre digne marin, tout robuste qu'il était, tombait de sommeil; aussi, une fois entré dans la sainte-barbe, et la porte fermée en dedans, à peine se donna-t-il le temps de se faire une espèce de lit entre deux tonneaux et de rouler un baril sous sa tête pour lui servir de traversin; après quoi, il tomba dans un sommeil aussi profond que s'il n'avait pas été obligé de quitter momentanément son navire par les circonstances que nous avons dites: le capitaine dormit douze heures tout d'un trait et les poings fermés.

Lorsqu'il se réveilla, il sentit, au mouvement de la Roxelane, qu'elle s'était remise en marche; pendant son sommeil, le navire avait effectivement levé l'ancre et descendait vers la mer, ne se doutant pas du surcroît d'équipage qu'il avait à bord. Au milieu du bruit et de la confusion qui accompagnent toujours un départ, le capitaine entendit gratter à la porte de sa cachette: c'était Double-Bouche qui lui apportait sa ration.

—Eh bien, mon enfant, dit le capitaine, nous voilà donc partis?

—Vous voyez, cela marche.