— Regardez… regardez!… continua Marguerite s'enveloppant dans les rideaux de la fenêtre, et y cachant Paul avec elle, regardez!… je ne m'étais pas trompée. C'était elle.

En effet, en ce moment la porte de la maison s'ouvrit, et la marquise, vêtue de noir, pâle comme une ombre, entra lentement, tira la porte derrière elle, la ferma à la clef; et, sans voir Paul ni Marguerite, traversa la première chambre, et entra dans la seconde, où était couché le vieillard. Elle s'avança alors vers le lit d'Achard comme elle s'était avancée vers le lit du marquis. Seulement, cette fois, elle n'avait pas de prêtre avec elle.

— Qui va là? dit Achard, ouvrant un des rideaux de son lit.

— Moi! répondit la marquise en tirant l'autre.

— Vous, madame! s'écria le vieux serviteur avec effroi. Que venez vous faire au lit d'un mourant?

— Je viens lui proposer un marché.

— Pour prendre son âme, n'est-ce pas?

— Pour la sauver, au contraire. Achard, tu n'as plus besoin que d'une chose en ce monde, continua la marquise en se baissant sur le lit du moribond, c'est d'un prêtre.

— Vous m'avez refusé celui du château.

— Dans cinq minutes, dit la marquise, il sera ici, si tu le veux!…