En feuilleton quotidien, le roman eût pu se soutenir.
En feuilleton hebdomadaire, il ne fit aucun effet.
Mais les autres journaux n'en adoptèrent pas moins ce nouveau mode de publication.
Le Siècle m'envoya Desnoyers.
Louis Desnoyers est un de mes plus vieux camarades. Nous avions fait de l'opposition littéraire et politique ensemble dès 1827. Nous avions fondé, avec Vaillant — je ne sais ce qu'il est devenu — et Dovalle, qui a été tué en duel, un journal intitulé le Sylphe; on oublia ce titre pour l'appeler le Journal rose, attendu qu'il était imprimé sur papier rose; sa couleur lui avait valu de nombreux abonnements de femmes.
À quoi tient le succès!
La révolution de Juillet tua le Journal rose! Mira tua Dovalle. J'étais vice-président de la commission des récompenses nationales: je fis Vaillant sous-officier et l'envoyai en Afrique, où les Arabes, selon toute probabilité, ont tué Vaillant.
Il y avait bien longtemps que nous ne nous étions vus, Desnoyers et moi.
D'abord, j'arrivais d'un long voyage; puis les gens qui ont beaucoup à faire ne se voient pas.
Le Siècle ne pouvait donc choisir un ambassadeur qui me fût plus sympathique. Aussi, depuis vingt ans, est-il accrédité près de moi.