— Marguerite! s'écria-t-il.
La jeune fille se retourna étonnée; mais ne comprenant rien à cette familiarité étrange de la part d'un homme qui lui était complètement inconnu, elle entr'ouvrit la porte pour sortir.
— Marguerite! répéta Paul en faisant un pas vers sa soeur;
Marguerite, n'entendez-vous pas que je vous appelle?…
— Il est vrai que Marguerite est mon nom, monsieur, répondit avec dignité la jeune fille, mais je ne pouvais penser que ce mot me fût adressé seul par une personne que je n'ai pas l'honneur de connaître.
— Mais je vous connais, moi! s'écria Paul en allant à elle, en fermant la porte et en la ramenant dans la chambre. Je sais que vous êtes malheureuse, que vous n'avez pas une âme où verser votre peine, pas un bras à qui demander un appui.
— Vous oubliez celui qui est là-haut, répondit Marguerite en levant d'un même mouvement la tête et la main vers le ciel.
— Non, non, Marguerite, je n'oublie pas, car je suis envoyé par lui pour vous offrir ce qui vous manque; pour vous dire, quand toutes les bouches et tous les coeurs se ferment autour de vous: Je suis votre ami, moi, votre ami dévoué, éternel!
— Oh! monsieur, répondit Marguerite, ce sont des mots bien solennels et bien sacrés que ceux que vous murmurez là! des mots auxquels, malheureusement, il est difficile que je croie sans preuve.
— Et si je vous en donnais une, dit Paul.
— Impossible! murmura Marguerite.