Richelieu posa sa main sur celle du blessé, comme pour l'interrompre.
—Le duc cria cela? demanda-t-il?
—Oui, monseigneur, mais le meurtrier était déjà pris, et tout danger qu'on le tuât était passé. On le traîna au Louvre; je l'y suivis. Il me semblait que c'était ma proie. Je le montrais de mes mains sanglantes et je criais:—C'est lui! le voilà celui qui a tué le roi!—Lequel, criait-on, lequel?—Celui qui est habillé de vert.»
On pleurait, on criait, on menaçait l'assassin. La voiture du roi ne pouvait marcher, si grande était l'affluence autour d'elle. En avant du Garde-meuble, je reconnus le maréchal d'Ancre; un homme lui annonça la nouvelle fatale, et il rentra vivement au château. Il monta droit à l'appartement de la reine, ouvrit la porte, et sans nommer personne, comme si elle devait savoir de qui il était question il cria en italien: «E amazatto!»
—Il est tué! répéta Richelieu. Cela s'accorde parfaitement avec ce qui m'avait déjà été rapporté. Maintenant, le reste.
—On conduisit et l'on déposa l'assassin à l'hôtel de Retz, attenant au Louvre. On mit des gardes à la porte; mais on ne la ferma point, afin que tout le monde pût entrer. Je m'y installai. Il me semblait que cet homme m'appartenait. Je racontais son action et comment la chose s'était passée; au nombre des visiteurs fut le père Cotton, le confesseur du roi.
—Il y vint, vous êtes sûr?
—Il y vint, oui, monseigneur.
—Parla-t-il à Ravaillac?
—Il lui parla.