—Prends exemple sur ton cousin d'Angoulême, dit l'Angély, c'est un homme d'expérience.

—Je présume, mon cousin, que si l'on vous offrait le commandement de l'armée, vous ne seriez point de cet avis-là.

—Si mon roi que je respecte, et auquel je dois obéir, m'ordonnait de prendre le commandement de l'armée, je le prendrais; mais s'il se contentait de me l'offrir, je le porterais à Son Eminence, en lui disant: Faites-moi une part égale à celle de M. de Bassompierre, de Bellegarde, de Guise et de Créquy, et je serai trop heureux.

—Peste, M. d'Angoulême, dit Bassompierre, je ne vous savais pas si modeste.

—Je suis modeste quand je me juge, maréchal, et orgueilleux quand je me compare.

—Et toi, Louis, voyons, pour qui seras-tu? Pour le cardinal, pour Monsieur, ou pour toi? Quant à moi, je déclare qu'à ta place je nommerais Monsieur.

—Et pourquoi cela? fou.

—C'est parce qu'ayant été malade tout le temps du siége de La Rochelle, il aurait peut-être l'idée de prendre sa revanche en Italie. Peut-être les pays chauds conviennent-ils mieux à ton frère que les pays froids.

—Pas quand il y fait trop chaud, dit Baradas.

—Ah! tu te décides à parler, dit le roi.