—Si fait, Votre Majesté, répondit Mme de Fargis, Beringhen est de la Frise; il sait le hollandais.
—Appelez Beringhen, dit la reine; il doit être dans l'antichambre du roi.
Mme de Fargis courut et ramena Beringhen.
C'était un grand et beau garçon, blond de cheveux, roux de barbe, moitié Hollandais, moitié Allemand, quoiqu'il eût été élevé en France, très-aimé du roi, auquel, de son côté, il était très dévoué.
Mme de Fargis accourut le tirant par la manche; il ignorait ce qu'on lui voulait, et, fidèle à sa consigne, il avait fallu faire valoir l'ordre exprès de la reine pour qu'il quittât son poste, à l'antichambre.
Mais le perroquet était si intelligent, qu'une fois Beringhen entré, il comprit qu'il pouvait parler hollandais, et sans attendre qu'on lui demandât son cinquième compliment, il dit:
—Och myne welbeminde koningin ik bemin maar ik bemin u meer in hollandsch myne niefte geboorte taal.
—Oh! oh! fit Beringhen fort étonné, voilà un perroquet qui parle hollandais comme s'il était d'Amsterdam.
—Et que m'a-t-il dit, s'il vous plaît, M. de Beringhen? demanda la reine.
—Il a dit à Votre Majesté: