—Ce qui ne t'empêche pas de la savoir par cœur, hypocrite. Continuons donc. Voyons, que dis-tu de la princesse de Conti, elle est un peu mûre, mais elle n'en a que plus d'expérience.

—Après ce que Bassompierre en a dit, ce serait être fou, et après ce qu'elle en a dit elle-même, ce serait être stupide.

—J'ai entendu ce qu'en a dit le maréchal, mais je ne sais pas ce qu'elle en a dit elle-même; dis, mon fils, dis, tu racontes si bien, du moins les anecdotes grivoises.

—Eh bien, elle disait à son frère, qui jouait toujours sans gagner jamais:—Ne joue donc plus, mon frère. Mais lui, répondit:—Je ne jouerai plus, ma sœur, quand vous ne ferez plus l'amour.—Oh! le méchant, répliqua-t-elle, il ne s'en corrigera jamais.—D'ailleurs, ma conscience répugne à parler d'amour à une femme mariée.

—Cela m'explique pourquoi tu ne parles pas d'amour à la reine. Passons donc aux demoiselles. Voyons, que dis-tu de la belle Isabelle de Lautrec? Ah! celle-là, tu ne diras point qu'elle n'est pas sage.

Louis XIII rougit jusqu'aux oreilles.

—Ah! ah! dit l'Angély, aurais-je mis dans le blanc, par hasard.

—Je n'ai rien à dire contre la vertu de Mlle de Lautrec, au contraire, dit Louis XIII d'une voix dans laquelle il était facile de distinguer un léger tremblement.

—Contre sa beauté?

—Encore moins.