Le roi fit un mouvement pour la retenir; mais ce mouvement fut à peine visible, et il le réprima immédiatement.
Cependant, sa mère le remarqua, et lui saisissant les mains:
—Louis, mon enfant, lui dit-elle, ce n'est plus une discussion, c'est une prière; ce n'est plus une reine qui parle au roi, c'est une mère qui parle à son fils. Louis, au nom de mon amour, que vous avez méconnu quelquefois, mais auquel vous avez toujours fini par rendre justice, cédez à nos supplications; vous êtes le roi, c'est-à-dire qu'en vous résident tout pouvoir et toute sagesse; revenez à votre première décision, et, croyez-le bien, non seulement votre femme et votre mère, mais la France vous en seront reconnaissantes.
—C'est bien, madame, dit le roi, pour terminer une discussion qui le fatiguait, la nuit porte conseil, et je réfléchirai cette nuit à tout ce que vous m'avez dit.
Et il fit à sa mère et à sa femme un de ces saluts comme en savent faire les rois, et qui disent que l'audience est terminée.
Les deux reines sortirent, Anne d'Autriche s'appuyait sur le bras de la reine mère, mais à peine eurent-elles fait vingt pas dans le corridor qu'une porte s'ouvrit, et qu'à travers l'entrebâillement de cette porte parut la tête de Gaston d'Orléans.
—Eh bien? demanda-t-il.
—Eh bien! dit la reine-mère, nous avons fait ce que nous avons pu, c'est à vous de faire le reste.
—Savez-vous où est l'appartement de M. de Baradas? demanda le duc.
—Je m'en suis informée: la quatrième porte à gauche, presque en face de la chambre du roi.