—Au pied des Alpes, n'est-ce pas?
—Nous ferons tout ce que nous pourrons pour cela. Dieu merci, malgré la foudre qu'il tenait à la main, et dont il menaçait à la fois l'Autriche et l'Espagne...
—Foudre de bois...
—Et sans ailes; les ailes de la foudre, à l'endroit de la guerre, c'est l'argent, et je ne crois pas le roi ni le cardinal très riches en ce moment. Donc, chère cousine, Jupiter Stator, après avoir menacé l'Orient et l'Occident, déposera probablement la foudre sans l'avoir lancée.
—Oh! dites cela ce soir à nos deux pauvres reines, et vous les rendrez bien heureuses.
—J'ai mieux que cela à leur dire, j'ai à leur remettre, comme je l'ai fait savoir à Leurs Majestés, une lettre du prince de Piémont, qui jure bien que l'armée française ne passera pas les Alpes.
—Pourvu que cette fois il tienne parole! Ce n'est pas son habitude, vous le savez.
—Mais cette fois, il a tout intérêt à la tenir.
—Nous bavardons, cousin, nous bavardons, et nous laissons le temps se perdre inutilement.
—C'est votre faute, cousine, dit le jeune homme avec ce franc sourire qui montre toutes les dents, c'est vous qui n'avez pas voulu l'employer à des choses utiles.