—Ah! voilà qui est déjà mieux, fit, avec un mouvement de tête approbateur, celui auquel s'adressait la question.
—Alors, faites-moi la grâce de me répondre.
—Eh bien! oui, mon gentilhomme, je suis Etienne Latil en personne. Que lui voulez-vous, à ce pauvre Etienne?
—Je veux lui proposer une bonne affaire.
—Une bonne affaire! Ah! ah!
—Mieux que bonne, excellente.
—Pardon—interrompit celui qui venait de reconnaître que le prénom d'Etienne et le nom de Latil s'appliquaient effectivement à lui;—mais, avant d'aller plus loin, permettez que ma susceptibilité prenne modèle sur la vôtre. A qui ai-je l'honneur de parler?
—Peu vous importe mon nom, pourvu que mes paroles sonnent agréablement à votre oreille?
—Vous vous méprenez, mon gentilhomme, si vous croyez qu'à mon endroit cette musique-là suffit; je suis cadet de famille, c'est vrai, mais je suis de noblesse, et ceux qui vous ont adressé à moi ont dû vous dire que je ne travaille ni pour le menu peuple ni pour la petite bourgeoisie. Si vous avez maille à partir avec quelque artisan, votre compère, ou quelque boutiquier, votre voisin, vous pouvez vous bâtonner mutuellement, sans que je m'en mêle ou m'en soucie; je n'interviens pas dans de pareils démêlés.
—Je ne puis ni ne veux vous dire mon nom, maître Latil, mais je ne fais aucune difficulté à ce que vous sachiez mon titre. Voici une bague qui me sert de cachet et qui pourra vous renseigner, pour peu que vous ne soyez point tout à fait ignare en blason, sur le rang que j'occupe dans le monde.