—De la chose à laquelle je pensais quand vous êtes venu vous jeter dans ma pensée.

—Et à quoi pensiez-vous?

—Je me demandais si tous ces mondes semés au-dessus de nos têtes n'avaient point été créés pour être habités par nos âmes après notre mort.

—Je ne vous eusse pas crue si ambitieuse, chère Isabelle.

—Ambitieuse, et pourquoi?

—Deux ou trois de ces mondes seulement sont plus petits que le nôtre: Vénus, Mercure, la lune, trois en tout; d'autres sont quatre-vingt fois, sept cents fois, quatorze cents fois plus gros que la terre.

—Le soleil, je comprends cela encore, c'est l'astre privilégié parmi les astres; nous lui devons tout jusqu'au principe de notre existence; sa chaleur, sa puissance, sa gloire nous environnent et nous pénètrent. C'est lui qui fait battre non-seulement nos cœurs, mais le cœur de la terre.

—Vous venez, chère Isabelle, de dire mieux avec votre imagination et votre poésie que ne dirait mon savant maître italien avec toute sa science.

—Mais, insista Isabelle, comment ces points lumineux que nous voyons dans le ciel sont-ils plus gros que la terre?

—Je ne vous parle pas de ceux qui échappent à notre vue par l'énorme distance où ils sont de nous, comme Uranus et Saturne; mais voyez cette étoile d'un jaune d'or!