—Oh! mon ami, dit-elle, oh! combien je t'aime.

Le comte regardait la madone.

—Oh! s'écria-t-il, la madone a souri; et moi aussi et moi aussi, je t'aime, mon Isabelle adorée.

Et leurs deux têtes retombèrent sur leurs poitrines écrasées sous le poids de leur bonheur.

Le comte tenait la main d'Isabelle appuyée contre la poitrine, il la dégagea doucement de l'étreinte dont l'enveloppait la sienne, la mit à nu, l'appuya ardemment contre ses lèvres, puis tirant l'anneau du plus petit de ses doigts, il le passa au second doigt de cette main en disant:

—Sainte mère de Dieu, sainte protectrice de tout amour humain et céleste, vous qui souriez aux flammes pures et qui venez de sourire à la nôtre, soyez témoin que je m'engage par serment à n'avoir jamais d'autre épouse qu'Isabelle de Lautrec; si je manque à mon serment, punissez-moi.

—On! non, non. Vierge sainte, s'écria Isabelle, ne le punissez pas.

—Isabelle! fit le comte, en essayant de serrer la jeune fille dans ses bras.

Mais celle-ci s'écarta doucement, retenue par la sainteté du lieu.

—Madone vénérée et toute-puissante, dit-elle, écoutez le serment que je vous fais à mon tour. Je jure ici à votre autel, et par vos pieds divins que j'embrasse, qu'à partir d'aujourd'hui j'appartiens corps et âme à celui qui vient de passer cet anneau à mon doigt, et que, fût-il mort, ou, ce qui est bien pis, manquât-il à son serment, je ne serai l'épouse de personne, mais seulement celle de votre divin Fils.