—C'est l'habitude de M. le maréchal, dit-il.

—Que Votre Majesté m'excuse de manquer aux lois de l'étiquette en l'interrogeant; mais où la suivrai-je?

—En Italie, dit le roi, où je vais en personne pour faire lever le siége de Cazal. Apprêtez-vous donc à partir, monsieur le maréchal; je prendrai avec vous Créquy, qui connaît ces pays-là, et j'espère que nous ferons parler de nous.

—Sire, répondit Bassompierre en s'inclinant, je suis votre serviteur et vous suivrai au bout du monde, et même dans la lune, s'il vous plaît d'y monter.

—Nous n'irons ni si loin, ni si haut, monsieur le maréchal. En tout cas, le rendez-vous est à Grenoble; si quelque chose vous fait faute pour votre entrée en campagne, adressez vous à M. le cardinal.

—Sire, dit Bassompierre, avec l'aide de Dieu, rien ne me manquera, surtout si Votre Majesté donne l'ordre à ce vieux coquin de La Vieuville de me payer ce qui m'est dû comme colonel général des Suisses.

Le roi se mit à rire.

—Si La Vieuville ne vous paie pas, dit-il, voici M. le cardinal qui vous paiera.

—Bien vrai? dit Bassompierre d'un air de doute.

—Si vrai, monsieur le maréchal, que si, séance tenante, vous voulez bien me donner votre reçu, comme s'il n'y avait pas de temps à perdre, attendu que dans trois ou quatre jours nous partons, vous vous en irez avec votre argent.