M. de Schomberg se fit attacher sur son cheval, que l'on conduisit par la bride à cause de la difficulté du chemin, et, arrivé sur la montagne, marcha au milieu des enfants perdus.
On tourna les barricades, et, selon le plan de M. de Bassompierre, on fusilla leurs défenseurs par derrière, tandis que l'on attaquait en face.
Les Valaisans et les Piémontais se défendirent vaillamment; Victor-Amédée et son père étaient dans la redoute du Crêt de Montabon.
Montmorency, avec son impétuosité ordinaire, avait attaqué et emporté la barricade de gauche, et comme son armure le gênait pour marcher à pied, il en avait semé toutes les pièces le long de la route, et attaqua la redoute en simple justaucorps de buffle et en chausses de velours.
Bassompierre, de son côté, suivait le fond de la vallée, essuyant tout le feu de la demi-lune. Le roi venait ensuite avec son panache blanc, et M. le cardinal en habit de velours feuille-morte brodé d'or.
Trois fois on vint à l'assaut des redoutes, et trois fois on fut repoussé. Les boulets bondissaient en ricochant de roc en roc au fond de la vallée et tuèrent un écuyer de M. de Créquy aux pieds du cheval du roi.
MM. de Bassompierre et de Créquy résolurent alors d'escalader avec cinq cents hommes: Bassompierre la montagne de gauche, pour se réunir à M. de Montmorency; M. de Créquy la montagne de droite, pour soutenir M. de Schomberg.
Deux mille cinq cents hommes restaient au fond de la vallée pour marcher sur la demi-lune.
Bassompierre, un peu gros et déjà âgé de cinquante ans, s'appuyait sur un garde pour gravir la pente rapide; tout à coup il sentit que son appui lui manquait; le garde venait de recevoir une balle dans la poitrine.
Il arriva au sommet de la montagne au moment où M. de Montmorency, lui troisième, venait de sauter dans la route.—Il y descendit le quatrième.