Bassompierre lui fit répondre en son nom et au nom de MM. de Schomberg, de Créquy, de Montmorency.
«Sire, nous sommes reconnaissants à Votre Majesté de l'intérêt qu'elle nous porte; mais il y a des moments où le sang d'un prince ou d'un maréchal de France n'est pas plus précieux que celui du dernier soldat.
«Nous demandons dix minutes de repos pour nos hommes, après quoi le bal recommencera.»
Et, en effet, après dix minutes de repos, les trompettes sonnèrent, les tambours battirent de nouveau, et les deux ailes, en colonnes serrées, marchèrent sur la demi-lune.
CHAPITRE XIII.
OU IL EST PROUVÉ QU'UN HOMME N'EST JAMAIS SUR D'ÊTRE PENDU, EUT-IL DÉJA LA CORDE AU COU.
Les approches étaient au pouvoir des Français; mais restait le dernier retranchement, entouré de soldats, hérissé de canons, défendu par le fort de Montabon, bâti au sommet d'un rocher inaccessible: on n'abordait le fort que par un escalier sans rampe, dont on ne pouvait gravir les marches qu'une à une.
On avait depuis longtemps laissé en arrière les canons, que l'on ne pouvait traîner ni dans le fond de la vallée ni dans le sommet de la montagne.
Il fallait donc aborder la demi-lune sans autre auxiliaire que cette furia francese, déjà bien connue des Italiens à cette époque.