Le roi prit les vers les lut et les approuva sauf un point.
—Ils vont bien, le Bois, dit-il, mais il faudrait supprimer le mot désirs.
—Et pourquoi cela, Majesté? demanda Bois-Robert.
—Mais, parce que je ne désire rien.
A ceci il n'y avait rien à répondre. Bois-Robert supprima les désirs, et tout fut dit.
Quant au roi, il fit de la musique sur les paroles de Bois-Robert, et musique et paroles furent exécutées et chantées par ses deux musiciens attitrés, Moulinier et de Justin, qui, cette fois, vu la solennité, mirent leur costume complet.
Les deux reines et particulièrement Anne d'Autriche applaudirent fort la poésie de Bois-Robert et la musique du roi.
Louis XIII fit ses pâques; son confesseur, Suffren, mis au courant de la situation, alla au-devant des scrupules de Sa Majesté, lui citant les exemples des patriarches qui avaient été infidèles à leurs femmes sans attirer la colère du seigneur; mais le roi répondit qu'il n'y avait avec lui rien à craindre de pareil, et qu'il aimait mademoiselle de Hautefort sans mauvaises pensées.
Ce n'était point l'affaire de la cabale Fargis et compagnie; c'étaient, au contraire, les mauvaises pensées qu'elle voulait; mais avec une imagination aussi vive que celle de la Fargis, on ne perdait point l'espoir de les lui inspirer.
En effet, les Pâques finies, et l'on attendit avec une certaine inquiétude cette époque, Louis XIII ne parla pas de continuer son voyage; au contraire, il ordonna des chasses et des fêtes; mais aux chasses comme aux fêtes, tout en s'occupant exclusivement de Mlle de Hautefort, il resta parfaitement respectueux vis-à-vis d'elle.