—Donne le conseil à moi.

—Puisque vous ne vouloir pas taire la langue à vous, prenez un invalide sourd au moins.

—Oh! dit l'Anglais émerveillé du conseil, moi bien vouloir le invalide sourd. Voilà une piastre pour toi avoir trouvé le invalide sourd.

Le lazzarone courut au corps-de-garde et choisit un invalide sourd comme une pioche.

On commença l'investigation habituelle, pendant laquelle l'Anglais continua de soulager son coeur à l'endroit de Sa Majesté Ferdinand 1er, sans que l'invalide l'entendît et sans que le lazzarone fît semblant de l'entendre: on visita ainsi la maison de Diomède, la rue des Tombeaux, la villa de Cicéron, la maison du Poète. Dans une des chambres à coucher de cette dernière était une fresque fort anacréontique qui attira l'attention de l'Anglais, qui, sans demander la permission à personne, s'assit sur un siége de bronze, tira son album et commença à dessiner.

A la première ligne qu'il traça, l'invalide et le lazzarone s'approchèrent de lui; l'invalide voulut parler, mais le lazzarone lui fit signe qu'il allait porter la parole.

—Excellence, dit le lazzarone, il est défendu de faire des copies des fresques.

—Oh! dit l'anglais, moi vouloir cette copie.

—C'est défendu.

—Oh! moi, je paierai.