—Une sépulture chrétienne, répond le chapelain.
—Qu'on la lui donne, qu'on la lui donne à l'instant même! s'écria Ferdinand en se précipitant par l'écoutille, afin de ne plus voir cet étrange spectacle.
Nelson ordonna de mettre une barque à la mer et d'aller chercher le cadavre; mais pas un matelot napolitain ne consentit à se charger de cette mission. Dix matelots anglais descendirent dans la yole, huit ramèrent, deux tirèrent le cadavre hors de l'eau. La cause du miracle fut alors connue.
L'amiral, comme nous l'avons dit, avait été jeté à la mer avec un boulet de trente-six seulement attaché aux pieds. Or, le corps s'était enflé dans l'eau, et le poids étant trop faible pour le retenir au fond, il était remonté à la surface de la mer, et, par un effet d'équilibre, il s'était dressé jusqu'à la ceinture; puis, poussé par le vent et entraîné par le sillage, il avait suivi le vaisseau.
Le lendemain il fut enterré dans la petite église de Sainte-Marie-à-la-Chaîne. Après quoi, le roi fit son entrée triomphale dans sa capitale, et régna paisiblement sur son peuple jusqu'au moment où Napoléon lui fit signifier qu'il venait de disposer du royaume de Naples en faveur de son frère Joseph.
Le roi Nasone prit la chose en philosophe, et s'en retourna chasser à
Palerme.
Ce nouvel exil dura jusqu'au 9 juin 1815, époque à laquelle Joachim
Murat, qui avait succédé à Joseph Napoléon, était tombé à son tour. Sa
Majesté napolitaine revint chasser a Capo-di-Monti et à Caserte.
Notes:
[1] Qu'on ne prenne point ce sobriquet en mauvaise part; c'est comme si, au lieu de dire Philippe V, nous disions Philippe-le-Long.
[2] Voici tes termes de cette capitulation: