—Il y a que je veux relayer ici, dit le proconsul.
—Relayons, répondit saint Janvier.
Timothée descendit de son char; mais les trois saints restèrent attachés à leur chaîne, et cependant, à l'émotion du proconsul, à la sueur qui coulait de son front, au souffle précipité qui sortait de sa poitrine, on eût pu croire que c'était lui qui avait jusque alors été attelé à la place des chevaux, et que c'étaient les trois saints qui avaient tenu la place du maître.
Mais, dès que le proconsul sentit son pied sur la terre, et que, par conséquent, il se vit hors de danger, sa haine et sa colère le reprirent, et s'avançant vers saint Janvier, le fouet levé:
—Pourquoi, lui dit-il, m'as-tu conduit de Nola ici avec une si grande rapidité?
—Ne m'avais-tu pas commandé d'aller le plus vite que je pourrais?
—Oui, mais qui allait se douter que tu irais plus vite que ceux de mes cavaliers qui étaient les mieux montés et qui n'ont pu te suivre?
—J'ignorais moi-même de quel pas j'irais, quand les anges m'ont prêté leurs ailes.
—Ainsi, tu crois que l'assistance que tu as reçue vient de ton Dieu?
—Tout vient de lui.