—Lui! un capucin! dit Francesco en se tournant en arrière avec un reste de frayeur: c'est le plus infâme bandit de Naples et de Sicile; c'est Pietro. Je croyais qu'il faisait sa sieste à cette heure; sans cela je ne me serais pas risqué à m'approcher de sa chapelle, où il dévalise les passans avec l'autorisation des supérieurs.
—Comment! ce vieillard si doux, si bienveillant, si vénérable?…
—C'est un affreux brigand.
—Prenez garde, Francesco, votre aversion pour les gens d'Église devient révoltante.
—Lui, un homme d'Église! Mais je vous jure, excellence, par tout ce qu'il y a de plus sacré au monde, qu'il n'est pas plus moine que vous et moi. Quand je lui dis brigand, je l'appelle par son nom; c'est la seule chose qu'il n'ait pas volée.
—Mais alors par quelle métamorphose se trouve-t-il transformé en capucin?
—Le diable s'est fait ermite, voilà tout…
—Et comment, dans un pays aussi catholique et aussi religieux que
Naples, peut-on lui permettre cette indigne profanation?…
—Il s'agit bien pour lui de demander une permission! il la prend.
—Mais la police?