—Eh bien! je vous l'apprends, moi.

Les lazzaroni se répétèrent les uns aux autres:—Mastrilla était dévot à saint Joseph.

—Tous les jours Mastrilla faisait sa prière à saint Joseph, et il lui disait: «Grand saint, je suis un si formidable pécheur que je ne compte que sur vous pour me sauver à l'heure de ma mort, car il n'y a que vous qui puissiez obtenir du bon Dieu qu'un réprouvé comme moi puisse entrer dans le paradis. Tout autre élu y perdrait son latin. Je ne compte donc que sur vous, ô grand saint Joseph!» Voilà la prière qu'il faisait tous les jours.

—Eh bien? demandèrent les lazzaroni.

—Eh bien! répondit le prédicateur, lorsqu'il fut dans les mains du bourreau, qu'il fut sur l'échelle, qu'il eut la corde au cou, il demanda la permission de dire deux lignes de prières.—On la lui accorda. Il répéta alors son oraison habituelle, et, au dernier mot de son oraison, sans attendre que le bourreau le poussât, il sauta de l'échelle en l'air. Cinq minutes après il était pendu.

—Je l'ai vu pendre, dit un des assistans.

—Eh bien! ce que je dis est-il vrai? demanda le prédicateur.

—C'est la vérité pure, répondit le lazzarone.

—Après? après? crièrent les lazzaroni, qui commençaient à prendre un vif intérêt à la narration de padre Rocco.

—A peine Mastrilla fut-il mort qu'il vit deux routes ouvertes devant lui, une qui allait en montant, l'autre qui allait en descendant. Quand on vient d'être pendu, il est permis de ne pas savoir ce qu'on fait. Mastrilla prit la route qui allait en descendant.