—Oh! Lia, Lia, mon amour, mon âme, ma vie, nous sommes perdus!
—Je le sais, répondit Lia.
—Comment, tu le sais?
—Depuis une heure je regarde le volcan! je n'ai pas dormi, moi!
—Mais si tu ne dormais pas, pourquoi m'as-tu laissé dormir?
—Tu rêvais de Teresa, et je ne voulais pas te réveiller.
—Oui, je rêvais qu'on voulait m'enlever ma soeur une seconde fois. Je rêvais que j'avais été trompé, qu'elle était bien réellement morte, qu'elle était étendue sur son lit dans sa petite chambre de la rue San-Giacomo, qu'on apportait une bière et qu'on voulait la clouer dedans. C'était un rêve terrible, mais moins terrible encore que la réalité.
—Que dis-tu? que dis-tu? s'écria la comtesse saisissant les mains d'Odoardo et le regardant en face. Cette Teresa, c'est ta soeur?
—Oui.
—Cette femme qui loge rue San-Giacomo, au troisième étage, no. 11. c'est ta soeur?