—Sans doute.
—Alors, venez.
—Je viens.
Et l'inconnu suivit le ministre qui, de dix pas en dix pas, se retournait pour voir si son mystérieux compagnon marchait toujours derrière lui.
Ils arrivèrent ainsi au palais.
Devant le ministre toutes les portes s'ouvrirent, et au bout d'un instant ils se trouvèrent dans l'antichambre de la régente. On annonça le ministre, qui fut introduit aussitôt, tandis que l'inconnu remettait de lui-même à l'officier des gardes le poignard et les pistolets qu'il portait à la ceinture.
Cinq minutes après, le ministre reparut; il venait chercher l'inconnu pour le conduire près de Son Altesse.
Ils traversèrent ensemble deux ou trois chambres, puis ils trouvèrent un long corridor, et au bout de ce corridor une porte entr'ouverte. Le ministre poussa cette porte; c'était celle de l'oratoire de la régente. La duchesse Isabelle les y attendait.
Le ministre et l'inconnu entrèrent; mais quoique ce fût, selon toute probabilité, la première fois que cet homme se trouvât en face d'une si puissante princesse, il ne parut aucunement embarrassé, et, après avoir salué avec une certaine rudesse qui ne manquait pas cependant d'aisance, il se tint debout, immobile et muet, attendant qu'on l'interrogeât.
—C'est donc vous, dit la duchesse, qui vous engagez à livrer Rocco del Pizzo?