Cette fois il était mort.

Je fus long-temps sans le croire, long-temps je lui secouai le bras, long-temps je l'appelai; enfin je sentis ses mains se refroidir dans les miennes, enfin je vis ses yeux se ternir.

Je fermai ses yeux, je croisai ses mains sur sa poitrine, je l'embrassai une dernière fois et je jetai par dessus sa tête son drap devenu un linceul.

Puis j'allai ouvrir la porte du fond, et faisant signe à ma mère et à ma soeur de s'approcher:

—Venez, leur dis-je, venez prier près de votre mari et de votre père mort.

Les deux femmes se jetèrent sur le lit en s'arrachant les cheveux et en éclatant en sanglots.

Pendant ce temps, je passais mes pistolets et mon poignard dans ma ceinture, et, jetant mon arquebuse sur mon épaule, je m'avançai vers la porte.

—Où vas-tu, frère? s'écria Costanza.

—Où Dieu me mène, répondis-je.

Et, avant qu'elle eût le temps de s'opposer à ma sortie, je franchis le seuil et je disparus dans l'obscurité.