Un quatrième personnage, placé comme les trois autres sur le premier plan du tableau, tient en bride un cheval qu'il semble offrir au chef monté sur le char, car, comprenant sans doute la difficulté que ce char éprouvera à passer à travers les morts, les blessés et les armes dont le champ de bataille est jonché, il veut offrir à son chef un plus sûr moyen de salut.
Le fond du tableau est occupé par les soldats du second chef, dont l'un porte un étendard, et dont les autres, se sacrifiant pour leur général, s'élancent entre lui et le général ennemi.
Au dessus de la mêlée s'élève un arbre dépouillé de feuillage.
Il y a en tout vingt-huit combattans et seize chevaux, tous un tiers à peu près plus petit que nature.
Malheureusement cette belle mosaïque avait été endommagée par le tremblement de terre de l'an 63, et l'on s'occupait de la réparer lors de l'éruption de l'an 69.
Or, voyez ce que c'est que le hasard! le dégât a justement frappé les endroits qui pouvaient renseigner les antiquaires sur l'époque où avait lieu cette bataille et sur les nations qui se la livraient. Nous avons parlé d'un étendard. Cet étendard devait porter un lion, un aigle, un animal quelconque. Alors on eût su a qui l'on avait à faire: il n'y avait plus de discussion, tout le monde était d'accord, l'Académie d'Herculanum continuait de vivre dans la concorde. Mais bast! il ne reste de l'étendard que la pique et le bâton; de l'animal qu'il portait, pas le moindre vestige, un bout de crête seulement, à ce que prétendent ceux qui désirent y voir un coq. Quand à moi, je sais que je n'y ai rien vu.
Mais c'est justement parce qu'on n'y voit rien, que la chose est devenue si formidablement intéressante. Vous comprendrez, une énigme scientifique à expliquer, un problème archéologique à résoudre! Quelle bonne fortune pour les savans!
Aussi, chacun s'est précipité sur la grande mosaïque et y a vu une bataille différente.
L'opinion générale a prétendu que c'était la bataille d'Issus, entre
Darius et Alexandre.
Il signor Francesco Avellino a prétendu que c'était la bataille du
Granique.