—Non, me dit-il en s'appliquant la boulette de cire sur le nez, non, ils ne sont pas fous; vous ne savez pas ce que c'est que grand gala, vous?
Je sortis humblement. J'allai prendre mon Dictionnaire, je cherchai à la lettre G: je ne trouvai rien.
—Auriez-vous la bonté, dis-je en rentrant, de m'expliquer ce que veut dire grand gala?
—Cela veut dire, répondit Duprez, qu'il y a ce jour-là dans la salle douze cents bougies qui vous aveuglent et dont la fumée prend les chanteurs à la gorge.
—Cela veut dire, continua le chef d'orchestre, qu'il faut jouer l'ouverture la toile levée, attendu que la cour ne peut pas attendre; ce qui nuit infiniment au choeur d'introduction.
—Cela veut dire, termina Ruoltz, que toute la cour assiste à la représentation, et que le public ne peut applaudir que lorsque la cour applaudit, et la cour n'applaudit jamais.
—Diable! diable! dis-je, ne trouvant pas autre chose à répondre à cette triple explication. Et joignez à cela, ajoutai-je pour avoir l'air de ne pas rester court, que vous n'avez plus, je crois, que sept jours devant vous.
—Et que les musiciens n'ont pas encore répété l'ouverture, dit
Ruoltz.
—Oh! l'orchestre, cela ne m'inquiète pas, répondit Festa.
—Que les acteurs n'ont point encore répété ensemble, ajouta l'auteur.