—Il est appassionato, me répondit monsieur Martin. J'éclatai de rire.

C'est qu'en passant devant la cuisine, monsieur Martin m'avait fait voir Cama à son fourneau, et Cama, dans toute sa personne, depuis le haut de sa grosse tête jusqu'à l'extrémité de ses longs pieds, était bien l'homme du monde auquel me paraissait convenir le moins une pareille épithète; d'ailleurs, un cuisinier passione, cela me paraissait mythologique au premier degré. Cependant, voyant que mon hôte me parlait avec le plus grand sérieux, je continuai mes questions.

—Et passionné de quoi? demandai-je.

—De Roland, me répondit monsieur Martin.

—De Roland? répétai-je, croyant avoir mal entendu.

—De Roland, reprit monsieur Martin avec une consternation profonde.

—Ah ça! dis-je, commençant à croire que mon hôte se moquait de moi, il me semble, mon cher monsieur Martin, que nous parlons sans nous entendre. Cama est passionné de Roland: qu'est-ce que cela veut dire?

—Avez-vous jamais été au Môle? me demanda monsieur Martin.

—A l'instant où je suis rentré, je venais de la lanterne même.

—Oh! mais ce n'est pas l'heure.