Le squelette était là, immobile, me regardant avec ses yeux vides.
Je me levai, je fis plusieurs tours dans ma chambre; la tête me suivait dans toutes mes évolutions. Les yeux ne m'abandonnèrent pas un instant; le corps demeurait immobile.
Celle nuit, je n'eus point le courage de me coucher. Je dormis, ou plutôt je restai les yeux fermés dans le fauteuil où se tenait d'habitude le fantôme, dont j'étais arrivé à regretter la présence.
Au jour, le squelette disparut.
J'ordonnai à John de changer mon lit de place et de croiser les rideaux.
Au dernier coup de six heures, j'entendis le même frôlement; je vis les rideaux s'agiter; puis j'aperçus les extrémités de deux mains osseuses qui écartaient les rideaux de mon lit, et, les rideaux écartés, le squelette prit dans l'ouverture la place qu'il avait occupée la veille.
Cette fois, j'eus le courage de me coucher.
La tête qui, comme la veille, m'avait suivi dans tous mes mouvements, s'inclina alors vers moi.
Les yeux qui, comme la veille, ne m'avaient pas un instant perdu de vue, se fixèrent alors sur moi.
Vous comprenez la nuit que je passai! Eh bien! mon cher docteur, voici vingt nuits pareilles que je passe. Maintenant, vous savez ce que j'ai; entreprendrez-vous encore de me guérir?