IX
LES TOMBEAUX DE SAINT-DENIS.
h bien! qu'est-ce que cela prouve, docteur? demanda M. Ledru.
—Cela prouve que les organes qui transmettent au cerveau les perceptions qu'ils reçoivent peuvent se déranger par suite de certaines causes, au point d'offrir à l'esprit un miroir infidèle, et qu'en pareil cas on voit des objets et on entend des sons qui n'existent pas. Voilà tout.
—Cependant, dit le chevalier Lenoir avec la timidité d'un savant de bonne foi, cependant il arrive certaines choses qui laissent une trace, certaines prophéties qui ont un accomplissement. Comment expliquerez-vous, docteur, que des coups donnés par des spectres ont pu faire naître des places noires sur le corps de celui qui les a reçus? comment expliquerez-vous qu'une vision ait pu, dix, vingt, trente ans auparavant, révéler l'avenir? Ce qui n'existe pas peut-il meurtrir ce qui est ou annoncer ce qui sera?
—Ah! dit le docteur, vous voulez parler de la vision du roi de Suède.
—Non, je veux parler de ce que j'ai vu moi-même.
—Vous!
—Moi.