—Madame se trompe, répondit le cocher. Je ne vois que les trois paysans qui viennent de nous croiser, et qui suivent tranquillement leur chemin.
—Oh! mais j'entends le galop du cheval.
Ces paroles étaient dites avec une telle conviction, que je ne pus m'empêcher de regarder derrière nous.
Comme la veille, la route était absolument déserte.
—C'est impossible, madame, répondis-je, je ne vois pas de cavalier.
—Comment se fait-il que vous ne voyiez point de cavalier, puisque je vois, moi, l'ombre d'un homme et d'un cheval?
Je regardai dans la direction de sa main, et je vis en effet l'ombre d'un cheval et d'un cavalier. Mais je cherchai inutilement les corps auxquels les ombres appartenaient.
Je fis remarquer cet étrange phénomène au prêtre, qui se signa.
Peu à peu cette ombre s'éclaircit, devint d'instant en instant moins visible, et enfin disparut tout à fait.
Nous entrâmes à Berne.