—Creusez, c'est ici!
J'assistais à cette opération. J'avais voulu suivre cette merveilleuse aventure jusqu'au bout.
Le fossoyeur creusa.
Arrivé au cercueil, il leva le couvercle. D'abord il avait hésité, mais la veuve lui avait dit d'une voix ferme:
—Levez, c'est le cercueil de mon mari.
Il obéit donc, tant cette femme savait inspirer aux autres la confiance qu'elle possédait elle-même.
Alors apparut une chose miraculeuse et que j'ai vue de mes yeux. Non-seulement le cadavre était le cadavre de son mari, non-seulement ce cadavre, à la pâleur près, était tel que de son vivant, mais encore, depuis qu'ils avaient été rasés, c'est-à-dire depuis le jour de sa mort, ses cheveux avaient poussé de telle sorte, qu'ils sortaient comme des racines par toutes les fissures de sa bière.
Alors la pauvre femme se pencha vers ce cadavre, qui semblait seulement endormi; elle le baisa au front, coupa une mèche de ses longs cheveux si merveilleusement poussés sur la tête d'un mort, et en fil faire un bracelet.
Depuis ce jour, l'engourdissement nocturne cessa. Seulement, à chaque fois qu'elle était prête à courir quelque grand danger, une douce pression, une amicale étreinte du bracelet l'avertissait de se tenir sur ses gardes.
—Eh bien! croyez-vous que ce mort fût réellement mort? que ce cadavre fût bien un cadavre? Moi, je ne le crois pas.