Glanons en passant, dans le Boletin de Mendosa, no 12, cette lettre écrite du champ de bataille d’Arroyo-Grande, et adressée au gouverneur Aldao par le colonel don Geronimo Costa:

«Nous avons pris plus de cent cinquante chefs et officiers, qui furent exécutés à l’instant.»

Tout feu d’artifice a son bouquet; terminons par son bouquet ce feu d’artifice de sang.

J’ai promis de revenir à Rosas; j’y reviens.

Le colonel Zelallaran est tué; on apporte sa tête à Rosas.

Rosas passa trois heures à rouler cette tête du pied et à cracher dessus; alors il apprend qu’un autre colonel, frère d’armes de celui-ci, est prisonnier; son premier mouvement est de le faire fusiller, mais il se ravise; au lieu de le condamner à la mort, il le condamne à la torture: le prisonnier, pendant trois jours, aura, douze heures par jour, cette tête coupée exposée devant lui sur une table.

Rosas fait fusiller, au milieu de la place San-Nicolas, une portion des prisonniers du général Paz.

Parmi des prisonniers se trouvait le colonel Vedela, ancien gouverneur de Saint-Louis; au moment du supplice, le fils du condamné se jette dans les bras de son père.

—Fusillez-les tous les deux, dit Rosas.

Et fils et père tombent frappés dans les bras l’un de l’autre.