—Est-elle mortelle?
La jeunesse repoussait, malgré l’évidence, loin de son esprit l’idée de la mort. Le bruit et les séductions de la vie militaire ne l’avaient pas encore emporté, chez lui, sur les joies domestiques.
Voyant que je ne répondais point, il répéta:
—Je te demande si ma blessure est mortelle. Réponds-moi.
Et, sans attendre ma réponse, il éclata en paroles pleines de regrets.
Je l’encourageai, autant que peut le faire un homme auquel manque le courage; cependant il vit bien que je n’avais pas d’espoir.
Plusieurs médecins s’approchèrent de lui; mais, leur faisant de la tête signe de s’éloigner:
—Laissez-moi mourir tranquille! leur dit-il.
Son pouls ne se sentait presque plus, ses extrémités étaient froides, ses traits profondément altérés, le sang coulait à flots de sa blessure, il souffrait horriblement.
Ses compagnons me demandèrent ce que je pensais de son état.