Il entra en agonie, s’accrocha convulsivement à ceux qui l’entouraient, puis retomba sur son lit avec un soupir, immobile et froid.

Je mis la main sur son cœur; il battait encore, mais lentement; peu à peu les battements cessèrent.

L’âme était déjà au ciel.

Je dis alors aux moines qui nous entouraient de me préparer une solution arsenicale pour injecter le cadavre; mais l’arsenic manquait. Je me contentai donc de faire l’injection avec du sublimé corrosif. Le cadavre fut transporté dans une chambre, à droite du maître-autel, près de la sacristie, et, là, doucement posé, vêtu de son uniforme, la tête sur un coussin.

Son jeune ami Eleuterio Pagliano, qui, pendant tout le siége, avait vaillamment combattu, et qui est aujourd’hui un des peintres les plus distingués de la Lombardie, fit son portrait.

Près de lui, couché sur une planche, était le nègre de Garibaldi, Aguyar. Je regardais ces deux cadavres, si beaux, tous deux d’une beauté différente, lorsque j’entendis sangloter derrière moi.

C’était Ugo Bassi qui pleurait.

Tout le temps que nous restâmes dans cette chambre, elle sembla être le but des projectiles français.

Le lendemain, le cadavre fut transporté dans une maison, et, de là, à l’église Saint-Laurent. Après quoi, il fut déposé à l’église des Cent-Prêtres, où l’attendait le corps de Henri Dandolo, et où devait le rejoindre celui de Morosini.

Le jour même de la mort de Manara arrivait une lettre de sa femme, contenant ces seules paroles: