J’avais devant moi un mur, que j’escaladai avec ma compagnie; je me trouvai dans le jardin; les Autrichiens faisaient feu par toutes les ouvertures de l’auberge.

Mais nous nous ruâmes au milieu des balles, nous attaquâmes à la baïonnette, et, par toutes ces ouvertures, qui, un instant auparavant, vomissaient le feu, nous entrâmes.

Les Autrichiens se retirèrent en pleine déroute.

Garibaldi avait dirigé l’attaque à cheval, en avant du pont, à cinquante pas de l’auberge, au milieu du feu; c’était un miracle, qu’exposé comme une cible au feu de l’ennemi, aucune balle ne l’eût atteint.

Dès qu’il vit les Autrichiens en fuite, il me cria de les poursuivre avec ma compagnie.

La désertion l’avait réduite à une centaine d’hommes, à peu près, et, avec mes cent hommes, je me mis à la poursuite de onze cents.

Il n’y avait pas grand mérite: les Autrichiens semblaient pris d’une véritable panique; ils se sauvaient, jetant fusils, sacs et gibernes; ils coururent jusqu’à Varèse.

Ils laissaient dans la Bécasse une centaine de morts et de blessés, et dans nos mains quatre-vingts prisonniers.

J’entendis dire qu’ils s’étaient arrêtés à Germiniada; je revins sur Germiniada, ils en étaient déjà partis. Je me mis sur leurs traces; mais, si bien que je courusse, je ne pus les rejoindre.

Pendant la nuit, la nouvelle arriva qu’un second corps autrichien, plus considérable que le premier, marchait sur nous. Garibaldi m’ordonna de tenir à Germiniada; je fis, à l’instant même, faire des barricades et créneler les maisons.