D’Arcisate, Garibaldi me détacha avec ma compagnie, qui faisait toujours le service d’avant-garde, sur Viggia.

Arrivé là avec mes cent hommes, je reçus l’ordre de me porter immédiatement contre les Autrichiens.

La première colonne dont j’eus connaissance était la division d’Aspre, forte de cinq mille hommes.

Ce fut ce même général d’Aspre qui fit depuis les massacres de Livourne.

En conséquence de l’ordre reçu, je me préparai au combat, et, pour le livrer dans la meilleure situation possible, je m’emparai de trois petits villages formant triangle: Catzone, Ligurno et Rodero.

Ces trois villages gardaient toutes les routes venant de Como.

Derrière ces villages se trouvait une forte position, San-Maffeo, rocher inexpugnable, duquel je n’avais, en quelque sorte, qu’à me laisser rouler pour descendre en Suisse, c’est-à-dire en pays neutre.

J’avais divisé mes cent hommes en trois détachements; chaque détachement occupait un village.

J’occupai Ligurno.

J’y étais arrivé pendant la nuit avec quarante hommes, et m’y étais fortifié du mieux que j’avais pu.