Toutes mes cartouches brûlées, je pensai qu’il était temps de songer à la retraite. Guidés par nos Tessinois, nous prîmes, à travers les rochers, un chemin connu des seuls habitants du pays.

Une heure après, nous étions en Suisse.

Je me retirai avec mes hommes dans un petit bois; les habitants nous prêtèrent des caisses où nous cachâmes nos fusils, afin de les y retrouver à la prochaine occasion.

Nous avions tenu plus de quatre heures, soixante-huit hommes contre cinq mille.

Le général d’Aspre fit mettre dans tous les journaux qu’il avait soutenu un combat acharné contre l’armée de Garibaldi, qu’il avait mise en complète déroute.

Il n’y a que les Autrichiens pour faire de ces sortes de plaisanteries!

XIII
SUITE DE LA CAMPAGNE DE LOMBARDIE

Garibaldi marchait, comme je l’ai dit, sur Luino; mais, avant d’y arriver, il reçut la nouvelle que Luino était déjà occupé par les Autrichiens, en même temps que la colonne d’Aspre, après sa grande victoire sur nous, s’emparait d’Arcisate.

La retraite de Garibaldi sur la Suisse devenait dès lors très-difficile. Il se décida donc à marcher droit à Morazzone, position très-forte et, par conséquent, très-avantageuse.

D’ailleurs, le bruit du canon qu’il avait entendu lui avait fait venir l’eau à la bouche.