A peine étions-nous en mer, qu’on signala une frégate à vapeur. Était-elle française, anglaise, autrichienne? Nous n’en savions rien; mais la prudence défendait d’en approcher de trop près.
Je fis donc faire un détour au Giglio, et, au lieu d’aborder directement à Livourne, j’abordai à Golfo-di-Campo; je traversai l’île d’une traite, et j’arrivai à Porto-Ferrajo.
On n’avait pas vu le grand-duc.
L’expédition était finie.
Alors je revins à Florence, et j’y réorganisai librement les débris de ma colonne, que je renforçai de nouveaux volontaires; car tout ce qui était réfugié à Florence voulait venir avec moi.
Pendant mon séjour à Florence, deux essais de réaction furent tentés, et je les comprimai.
Un matin, le bruit se répandit que les Autrichiens entraient par la frontière de Modène; j’y courus avec mes hommes.
Il n’y avait rien.
Une troisième tentative de réaction réussit; le gouvernement du grand-duc fut rétabli, et, moi qui avais été chargé de l’arrêter, je fus naturellement contraint de partir.
Outre ma légion, il y avait à Florence une légion polonaise parfaitement organisée; je lui fis appel, elle me suivit.