Ce bataillon se composait de l’aristocratie lombarde, et venait se joindre aux défenseurs de la République.
Dandolo l’avoue lui-même, dans son livre des Volontaires et des Bersaglieri: ce n’était point par sympathie pour la cause des Romains, mais parce qu’il ne savait plus à quel autre lieu du monde demander un asile.
Les bersaglieri étaient arrivés deux jours après le général Oudinot; c’était alors le général qui donnait les permis de débarquement dont il s’était passé.
Henri Dandolo, descendant du doge du même nom, portant comme l’historien, fils du célèbre vainqueur de Constantinople, le prénom de Henri, descendit deux fois à terre pour demander au général cette permission; non-seulement elle lui fut refusée, mais l’ordre positif lui fut donné de retourner en arrière.
Il vint rapporter cette réponse à Manara, qui descendit à son tour pour voir s’il serait plus heureux que son lieutenant.
Mais Manara ne fut pas plus heureux que Henri Dandolo.
—Vous êtes Lombard? lui demanda le général.
—Sans doute, répondit Manara.
—Eh bien, répliqua Oudinot, d’où vient que, étant Lombard, vous vous mêlez des affaires de Rome?
—Vous vous en mêlez bien, vous qui êtes Français, répondit Manara.