C’est alors que l’homme providentiel apparut.

Tout à coup un grand cri retentit dans les rues de Rome:

—Garibaldi! Garibaldi!

Puis une foule immense, le précédant, criait en jetant les chapeaux en l’air et en faisant voler les mouchoirs:

—Le voilà! le voilà!

Il serait impossible de décrire l’enthousiasme qui s’empara de la population à sa vue; on eût dit que c’était le dieu sauveur de la République qui accourait à la défense de Rome; le courage du peuple grandit alors de sa confiance, et il sembla que l’Assemblée avait non-seulement décrété la défense, mais encore la victoire.

Quelques lignes de l’Histoire de la révolution romaine, par Biagio Miraglia, donneront une idée de cet enthousiasme:

«Ce vainqueur mystérieux, environné d’une si brillante auréole de gloire, qui, étranger aux discussions de l’Assemblée, et les ignorant, entrait à Rome la veille même du jour où la République allait être attaquée, était, dans l’esprit du peuple romain, le seul homme capable de soutenir le décret de résistance.

»Aussi, à l’instant même, les multitudes se réunirent-elles à l’homme qui personnifiait les besoins du moment et qui était l’espérance de tous.»

Ainsi le besoin public rendait à Garibaldi son titre de général, contesté dans la dernière guerre par ceux-là mêmes pour lesquels il se battait.